120+ exemples du privilège masculin dans la vie de tous les jours

Cet article est une traduction partielle de l’article du magazine Everyday Feminism que vous pouvez trouver en entier ici, avec notamment les sources et études utilisées (dont nous n’avons pas toujours indiqué les liens dans la traduction)

En tant qu’homme, qu’est-ce que ça veut dire l’égalité des genres pour toi ?

Parce que, bien que l’égalité soit un but louable, l’égalité au nom de l’égalité est de loin moins importante que la justice – au nom de la libération.

En nommant le problème, nous ne disons pas simplement « c’est mal, changeons tout ça ». A la place, nous t’invitons à considérer l’impact de l’inégalité des genres sur ta vie, et nous t’encourageons à provoquer un changement, pour toi et ta communauté.

Actuellement, nos attentes culturelles, notre système législatif, nos programmes sociaux travaillent à conserver une hiérarchie qui place constamment les hommes en haut de l’échelle sociale. Par conséquent, les hommes réussissent, s’élèvent et profitent au détriment de tous les autres genres. C’est ce qu’on appelle le privilège masculin. 

Mais le problème avec le privilège masculin, c’est que ça fait du mal à tout le monde, y compris à toi. Parce que profiter du privilège masculin requiert souvent de se conformer à une norme toxique de masculinité.

Tu sais cette norme – l’idée que les seuls « vrais mecs » sont ceux qui ne montrent pas leurs émotions, qui accordent une valeur suprême au sport et à la force physique, qui n’appellent pas à l’aide quand ils en ont besoin.

Et tu sais probablement aussi qu’aucun homme ne rentre complètement dans cette case étroite, mais aussi que notre société ne pardonne pas à ceux qui ne correspondent pas assez à ce qu’ils sont « censés » être.

Cette masculinité traditionnelle est pourtant celle qui est récompensée par des privilèges. Nous devons dénoncer ces récompenses dans le but de libérer tout le monde du piège vicieux de ces boîtes oppressives dans lesquelles la société tente de nous mettre.

Profiter du privilège masculin ne signifie pas que tu es une mauvaise personne, et reconnaître ce privilège ne signifie pas que tu ne mérites pas le bonheur.

Mais une fois que tu comprends que ces avantages, souvent invisibles, souvent minimes, ne sont pas accessibles à tout le monde, tu pourras voir pourquoi parler de privilège permet de reconnaître que les personnes de tous les genres méritent un accès égal au respect basique de notre humanité. J’en reparle à la fin de l’article, mais pour l’instant, je finirai en disant que je suis heureuse que tu fasses le premier pas vers le changement en lisant cet article et en le partageant avec d’autres hommes et garçons autour de toi.

Sans plus attendre, dénonçons ces exemples de privilège masculin. Nous méritons ce changement !

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Normes Sociales

1. En tant qu’homme, tu peux dominer la conversation sans être jugé. Les femmes sont perçue comme « trop bavardes » même quand elles parlent moins. Une étude montre que les femmes doivent représenter 60 à 80% d’un groupe pour avoir un temps de parole égal aux hommes dans une conversation.

2. Tu as moins de risque d’être interrompu quand tu parles – des études sur des hommes et des femmes ont montré que les deux genres interrompent les femmes plus que les hommes.

3. On ne suppose pas d’emblée que tu ne sais pas de quoi tu parles, et tu es moins sujet au mansplaining (c’est-à-dire être interrompu.e par un homme pour qu’il répète exactement ce que tu viens de dire ou parle à ta place d’un sujet que tu connais mieux – souvent avec condescendance).

4. Le vocabulaire courant favorise ton genre comme le genre par défaut, avec des mots comme « les Hommes » (pour l’humanité en général), « homme d’affaires » ou « homme politique » ou des noms de métier qui sont inféminisables.

5. On n’attend pas de toi que tu dises moins de gros mots, que tu t’excuses plus, ou d’autres comportements dits « féminins » qui renforcent le stéréotype selon lequel ton genre doit être délicat et soumis.

6. On n’attend pas de toi que tu te décales quand une personne d’un autre genre est sur ton chemin.

7. Les normes sociales te permettent de prendre plus d’espace, physiquement parlant : tes grognements et tes bras écartés dans le visage de ta voisine à la salle de sport, ou tes jambes écartées dans le métro au point de prendre deux places n’étonnent personne.

8. C’est très rare que des étrangers attendent de toi que tu souries.

9. Tu peux négliger certains détails de ton apparence quand tu pars en voyage, comme par exemple avoir une « barbe de voyageur », sans que l’on te juge parce que tu n’as pas « pris soin de toi » et rasé tes jambes.

10. Tu peux acheter des vêtements avec des poches que tu peux vraiment utiliser – la plupart des vêtements féminins ont des poches purement décoratives.

11. Tu peux acheter une voiture sans que les vendeurs pensent qu’on peut profiter de toi. Tu as même des chances d’obtenir un meilleur prix qu’une femme.

12. Tu peux recevoir des éloges pour des tâches ordinaires de parent ou parce que tu es un père célibataire, tandis qu’on attend des mères qu’elles effectuent ces tâches, et qu’elles sont souvent critiquées quand elles élèvent leurs enfants seules.

13. Personne ne dit que tu vas contre ton « instinct naturel » ou que tu n’accomplis pas ton rôle dans la société quand tu dis que tu ne veux pas d’enfants.

14. Tu peux être expansif ou parler de ta vie et de tes choix sans qu’on dise que tu « cherches à attirer l’attention ».

15. Tu peux avoir des hobbies « masculins » comme le sport sans qu’on dise que tu cherches juste à impressionner les hommes.

Sexe et relations

16. En tant qu’homme, il est plus probable que l’on te félicite pour tes nombreuses relations sexuelles, plutôt que l’on te traite de « salope ».

17. On ne te traite pas de « salope » pour des choses qui n’ont même rien à voir avec ta vie sexuelle, comme ta façon de t’habiller ou les formes de ton corps.

18. On ne te traite pas de « prude » ou de « coincé » quand tu choisis prudemment les personnes avec qui tu veux coucher.

19. On ne t’apprend pas que ta sexualité existe seulement pour autrui,et tu n’es pas stigmatisé parce que tu te masturbes.

20. Les médias, les conseils sur le sexe et la définition du sexe se concentrent avant tout sur ton plaisir, surtout si tu es hétérosexuel et cisgenre (ton genre correspond au genre qui t’a été assigné à la naissance).

21. L’éducation sexuelle à l’école, la religion et autres institutions donnant une définition normative du sexe ne traitent pas ton genre comme plus sale, impur, ou indésirable quand tu perds ta virginité.

22. La majorité de la production pornographique vise ton genre (ce qui crée des idées bien néfastes sur les femmes et les autres genres)

23. Tu peux dire que tu aimes le sexe sans que ton interlocuteur le prenne pour une invitation à coucher avec toi.

24. Tu peux changer ton apparence, comme une nouvelle coupe de cheveux, sans qu’on s’imagine immédiatement que tu le fais pour plaire aux hommes.

25. Les gens ne se font pas d’idées fausses sur toi si tu ne veux pas te marier – ou insistent que tu dois mentir, ou te mettent en garde parce que « l’horloge tourne ».

26. On n’attend pas de toi que tu changes ton nom en te mariant, et personne ne te pose de questions si tu ne le fais pas .

27.Tu peux t’exprimer avec ton corps ou sur ta sexualité dans une conversation, en art, en musique etc., sans qu’on t’accuse « d’utiliser ton corps pour réussir ».

28. Tu peux prendre part à des activités sexuelles alternatives, comme le plan à trois ou le BDSM, sans qu’on te traite de « salope » ou qu’on pense que tu ne contrôles pas tes choix.

29.  Tu peux avoir plusieurs partenaires (sexuel.le.s ou amoureux.ses) en même temps sans qu’on t’accuse d’aller contre ta « nature ».

30. Si tu es en couple avec quelqu’un d’un autre genre, personne n’attend de toi que tu te charges du travail affectif dans le couple.

31. Se marier avec quelqu’un d’un autre genre ne signifie pas plus de ménage pour toi (des études montrent qu’un mari ajoute en moyenne 7h de ménage par semaine à sa femme).

Harcèlement et violence

32. En tant qu’homme, tu as moins de risque d’être la cible de harcèlement de rue. La majorité des femmes ont été victimes de harcèlement de rue dans leur vie, et la plupart des hommes victimes sont queer ou gender non-conforming (c’est-à-dire qu’il n’apparaissent pas au premier coup d’oeil comme « hommes » et ne respectent pas les normes du genre).

33. Tu peux échanger un sourire ou un bonjour avec un étranger dans la rue, sans que cette personne le prenne comme une invitation à te draguer.

34. Tu peux repousser un.e prétendant.e sans t’inquiéter d’être attaqué verbalement ou physiquement.

35. Tu peux boire un verre seul au bar sans te faire déranger. Même chose pour tous les espaces publiques d’ailleurs (cafés, librairies, concerts etc.)

36. Tu peux voyager seul sans t’inquiéter des violences possibles à ton encontre.

37. Tu as moins de risque de faire l’expérience de violences au sein du couple.

38. Tu as moins de risque d’être suivi ou stalké.

39. Tu as moins de risque d’être la victime de revenge porn (c’est à dire la diffusion sans ton consentement d’images ou vidéos à caractère sexuel par ton partenaire après une rupture, dans le but de se venger).

40. Tu as moins de risque de te faire violer, surtout si tu ne vas jamais en prison.

41. Tu as moins de risque d’être sans abri à cause de violences conjugales. La moitié des femmes et enfants vivant dans la rue aux Etats-Unis fuient les violences au sein de la famille.

42. Tu as moins de risque d’être blessé physiquement par un partenaire. La violence au sein du couple est la première cause de blessure chez les femmes, plus que les accidents de voiture, les vols et les viols.

43. Tu as moins de risque d’être tué par un partenaire. Des études estiment qu’entre 40 et 70% des femmes qui sont victimes de meurtres sont tuées par un mari ou un amant.

44. Tu peux profiter de la fête sans que l’on te tienne responsable en cas d’agression sexuelle.

45. Tu as moins de risque qu’on te tienne responsable de ta propre agression sexuelle en fonction de ce que tu portais.

46. Tu peux boire un verre à une fête sans craindre que quelqu’un ait mis quelque chose dans ton verre.

47. Dans les campagnes de prévention contre le viol, on ne te demande pas d’être vigilant à ne pas perpétuer la violence sexuelle – à la place, on fait porter aux femmes la responsabilité d’éviter d’être victimes.

Corps et santé

48. Tu peux vieillir naturellement sans qu’on considère que tu « te laisses aller » si tes cheveux deviennent gris, que tu prends du poids, ou que tu as des rides.

49. On considère que ton genre « s’améliore avec l’âge » alors que les femmes sont considérées comme moins désirables.

50. Tu as moins la pression d’être mince, et être gros a moins de conséquences sociales et économiques pour toi que pour une femme.

51. On n’attend pas de toi que tu manges moins.

52. Les médecins te prennent plus au sérieux quand tu leur expliques tes symptômes.

53. La recherche médicale ignore souvent les femmes ou estiment que les symptômes des hommes sont les symptômes de tou.te.s : par exemple pour les crises cardiaques.

54. Il y a moins de risques que tes symptômes ou douleurs physiques soient attribués à des causes psychologiques. Par exemple, quand un homme et une femme avec des symptômes identiques mentionnent du stress, les médecins ont tendance à ignorer les symptômes de maladie cardiaque chez la femme.

55. Pour des maladies qui affectent plus ton genre, tu n’as pas à faire face au scepticisme de ceux qui pensent que ce n’est pas « une vraie maladie ». Ainsi, la fibromyalgie ou la fatigue chronique ont longtemps été considérées comme de symptômes de dépression.

56. Tes problèmes psychologiques ne sont pas immédiatement assimilés à de « l’hystérie » ou à de la « sensiblerie ».

57. Tu peux montrer tes tétons en public, et tu as moins de risque d’être harcelé en général quand tu montres ta peau.

58. Personne ne te juge si tu gardes tes poils.

59. Tu peux transpirer sans être jugé (les médias montrent beaucoup plus souvent des hommes transpirant pendant le sport que des femmes).

Médias

60. Ton genre domine les institutions médiatiques influentes, comme les Oscars, dont le jury est à 77% masculin.

61. La fiction peut décrire la vie banale, quotidienne de ton genre sans être taxée de « littérature d’hommes » et être moins prise au sérieux que la « vraie » littérature.

62. Tu as plus de chance d’être publié.

63. Les personnages de films de ton genre ont plus de dialogues, et des dialogues plus profonds. Voir le Bechdel Test.

64. Les personnages de ton genre savent plus souvent quoi faire – combien de fois voit-on une femme dans un film demander « et maintenant, on fait quoi? » ?

65. Les athlètes et acteurs de ton genre sont respectés pour ce qu’ils font – et pas pour leur apparence ou leurs vêtements.

66. Tu peux facilement regarder du sport avec des athlètes de ton genre, parce que le sport masculin est beaucoup plus diffusé que le sport féminin.

67. La pub a beaucoup moins tendance à te représenter comme un objet ou un outil de plaisir pour l’autre genre, comme c’est le cas pour les femmes.

68. Les films romantiques ne représentent pas le harcèlement d’un personnage de ton genre comme un mignon signe d’affection.

69. Les humoristes de ton genre ne sont pas considérés comme universellement « pas drôles ».

70. Tu peux aller sur internet sans être harcelé.

71. Tu peux être un gamer sans être harcelé et menacé.

72. Dans les jeux vidéos, tu peux jouer des personnages de ton genre qui ne sont pas hypersexualisés.

73. Ton genre est plus représenté dans les films : les femmes représentent 12% des rôles principaux, 29% des personnages importants, et 30% des personnages parlants dans les 100 plus gros succès au cinéma.

74. Les personnes de ton genre dans les médias peuvent vieillir sans être jugées. Les femmes dans les industries de la mode, du cinéma ou du journalisme TV ont plus de risque d’être mises dehors en vieillissant.

Droit et Politique

75. Un candidat politique masculin n’est pas soumis au regard inquisiteur des médias visant à prouver qu’il n’a pas l’étoffe d’un leader.

76. Un candidat politique masculin n’est pas plus jugé sur son apparence que sur ses compétences.

77. Un candidat politique masculin ne sera pas pénalisé par l’idée qu’il ne peut pas équilibrer vie privée et vie publique.

78. On ne dit pas des hommes politiques que leurs capacités sont affectées par des causes physiologiques, comme les règles.

79. La fiction a tendance à plus souvent représenter des hommes en position de leader, ce qui donne l’impression que tu es né pour commander.

80. Ce ne sont pas des personnes d’un genre différent du tien qui décident ce que tu fais de ton corps.

81. Il y a plus de législateurs de ton genre qui décident des règles selon lesquelles nous devons vivre.

82.  Tu peux avoir des opinions politiques fortes sans qu’on te traite de « bornée » ou de « feminazi ».

Travail et Economie

83. En tant qu’homme, tu peux choisir d’avoir une carrière et une famille sans que les gens pensent que c’est difficile ou inhabituel.

84. On ne dit pas que tu vas « contre ta nature » si tu choisis d’avoir une carrière et pas d’enfants.

85. Tu es mieux payé.

86. Tu obtiens plus facilement des financements pour tes projets ou tes équipements.

87. Tu peux demander une augmentation ou une promotion sans être considéré comme « agressif ».

88. On ne considère pas que tu n’es « pas à ta place » dans les métiers les mieux payés, comme par exemple quand une femme docteur est prise pour une infirmière, ou une avocate pour une secrétaire.

89. Tu es moins susceptible d’être prisonnier d’une relation abusive pour des raisons financières.

90. Certaines situations d’abus, comme par exemple le chantage financier ou la dépendance financière, ne sont pas reconnues ou passent inaperçues pour les femmes car les hommes sont traditionnellement ceux qui subviennent aux besoins.

91. Tu bénéficies plus du networking et du piston.

92. Tu as moins de risque d’être pénalisé si tu n’acceptes pas le harcèlement sexuel ou la misogynie de tes collègues.

93. Si tu es dépensier, ce n’est pas attribué à ton genre.

94. Tu peux être énervé ou triste au travail sans que les gens l’attribuent à des « hormones » ou à de « l’hypersensitivité »

95. Tes échecs ou erreurs au travail ne sont pas vues comme une preuve que les personnes de ton genre ne devraient pas faire ce métier. C’est particulièrement visible dans les milieux majoritairement masculins ou les postes hiérarchiques supérieurs.

96. On ne te charge pas systématiquement des tâches censées être « féminines », comme décorer le bureau pour la fête de l’entreprise.

97. On s’adresse à toi avec respect sur ton lieu de travail, sans utiliser de vocabulaire infantilisant ou intellectuellement dégradant, comme « la fille du 4e », « poupée » ou « mon petit ».

98. Tu n’es pas pris dans le double standard qui présente les femmes comme dépendantes et incapables de s’occuper d’elles-mêmes, mais qui dénigre les femmes indépendantes.

99. On se souviendra plus de toi pour ton travail et tes réussites, que pour tes robes ou ton mari.

100. Ton genre est plus représenté aux postes les mieux payés. Les femmes représentent 5% des PDG les plus riches du monde.

101. On reconnaît tes talents dans les milieux techniques. Une étude a ainsi montré que les logiciels codés par des programmeuses recevait de meilleures notes – jusqu’à ce qu’elles révèlent leur genre.

102. Tu as plus de chance que des journalistes ou des chercheurs en science politique cite tes travaux.

103. Un employeur ne dira jamais qu’il n’a pas employé une personne de ton genre parce qu’il n’y avait « aucun candidat qualifié ».

Enfance et Education

104. Les jouets que tu reçois sont plus souvent éducatifs, visant à développer des aptitudes, et te laissant imaginer un spectre plus large de carrières et d’opportunités. Contrairement aux jouets pour filles, où il s’agit la plupart du temps de beauté, de ménage ou d’enfants.

105. Tu peux t’affirmer sans qu’on te dise « ne sois pas trop autoritaire » ou « arrête de vouloir commander ».

106. Les adultes te complimentent plus pour tes capacités que pour ton apparence.

107. Tes notes ne dépendent pas de ton apparence – des études montrent qu’on donne de meilleures notes aux filles quand elles sont jolies, ce qui renforce l’idée que leur valeur est dans leur apparence plus que dans leur intelligence.

108. Tu reçois plus d’attention de la part de tes professeurs, comme des commentaires plus étoffés qui te permettent de t’améliorer.

109. Ton comportement énergique ou créatif est encouragé, alors qu’on apprend aux filles à être calmes et réservées.

110. On ne te dit pas que tu es forcément mauvais en maths ou en science à cause de ton genre.

111. Personne n’estime que ta sexualité appartient aux personnes de l’autre genre en disant des choses comme « tu es si jolie, tu vas causer du souci à ton père en grandissant ».

112. Tu n’as pas grandi en pensant que ton genre est naturellement plus délicat ou faible avec des phrases comme « tu lances comme une fille ».

113. A l’université, on te juge plus cultivé.

114.A l’université, les professeurs répondent plus à tes questions et à tes mails.

115. A l’école, tu apprends des choses sur les contributions de personnes de ton genre au monde sans avoir besoin de prendre des options ou des cours d’études de genre.

Religion (Ou son absence)

116. Si tu es croyant, tu as beaucoup plus de chance que le chef de ta religion soit de ton genre.

117. Si tu es croyant, on ne pense pas de toi que tu es incapable de choisir toi-même ta religion et tes pratiques, comme ceux qui veulent « sauver » les femmes musulmanes par exemple.

118. Si tu es croyant, personne n’attribue cela à « l’irrationalité » de ton genre ou à une naturelle inaptitude scientifique.

119. Si tu es croyant, les textes saints de ta religion ne sont pas interprété d’une manière qui justifie la maltraitance des personnes de ton genre, ou qui ignore les passages qui présentent ton genre sous un jour positif.

120. Si tu n’es pas croyant, tu n’es pas exclu de l’athéisme sous prétexte que la « rationalité » n’est pas une caractéristique de ton genre.

121. Les dieux et autre figures religieuses sont souvent représentées sous des traits masculins.

Le privilège masculin est réel, mais il apparaît différemment pour différents hommes. 

Une liste de privilèges toute seule vous donne des exemples de ce à quoi ressemble le privilège, mais ce n’est pas une explication complète de ce qu’il implique vraiment. Donc, maintenant que nous avons exploré tous ces exemples, éclaircissons certains points.

Les exemples de privilèges masculins montrent comme le patriarcat apparaît – mais ils ne sont pas des représentations de la vie de chaque homme à chaque moment.

Simplement, c’est plus probable que tu bénéficies de ces avantages si tu es un homme, parce qu’ils sont soutenus par le système patriarcal.

Et tout comme le patriarcat n’existe pas ex-nihilo, il y a d’autres systèmes d’oppression qui affectent de manière différente des hommes différents.

Un homme marchant la nuit dans la rue a généralement le privilège de ne pas avoir à se soucier du harcèlement ou d’autres violences qui visent les femmes.

Mais un homme de couleur doit parfois faire face à des violences liées à sa couleur de peau. Un homme handicapé peut être la cible de moquerie ou de brutalités policières. Un homme gay peut être la cible de violences homophobes.

Ces exemples n’invalident pas l’existence du privilège masculin, mais ils montrent pourquoi le contexte de l’intersectionnalité, c’est-à-dire la manière dont différentes formes d’oppression systémique se croisent, est important.

Il est également important de noter que de nombreuses conversations et recherches sur le privilège du genre sont biaisées par une binarité cissexiste qui ne reflète pas la réalité : il n’y a pas que deux genres. On a tendance à penser au privilège masculin comme à ce dont l’homme fait l’expérience, par opposition à ce dont la femme fait l’expérience. Mais en réalité, tout ce qu’on nous apprend sur la détermination des genres à la naissance, et sur la séparation du genre humain entre homme et femme, est faux.

Par exemple, les personnes non-binaires, agenre et intersexes se situent en dehors de la binarité hommes/femmes. De plus les femmes transgenres mégenrées et traitées comme des « hommes » ne font pas exactement l’expérience du privilège masculin…
Ces réalités complexifient les exemples provenant de la recherche sur l’oppression genrée, qui ont tendance à se référer uniquement aux hommes et femmes cisgenres. D’autres études, cependant, cherchent à combler les manques.

Cette collection montre l’amplitude réelle de l’oppression basée sur le genre. Bien que certains exemples puissent sembler insignifiants en eux-mêmes, ils montrent comment le système plus large du patriarcat est maintenu chaque jour.

Du coup, on peut faire quoi contre le privilège masculin?

Voici le monde dans lequel nous vivons – des inégalités, depuis l’interaction sociale quotidienne jusqu’aux normes genrées profondément ancrées, qui engendrent des conséquences sociales, légales, et sanitaires pour toutes les personnes qui ne sont pas des hommes.

Qu’est-ce que tu peux faire ? Utilise cet article pour sensibiliser les gens autour de toi. Fais attention quand toi aussi tu contribues à ces normes sociales nocives. Et consulte ces quelques lectures complémentaires (en anglais pour le moment) :

L’auteure :

Maisha Z. Johnson est la responsable Digital Content et auteure sur Everyday Feminism. Vous pouvez trouver un grand nombre de ses écrits un peu partout sur le web. Les travaux précédents de Maisha incluent  Community United Against Violence (CUAV), la plus vieille organisation anti-violence LGBTQ des Etats-Unis, et Fired up !, un programme de California Coalition for Women Prisoners. A travers son propre projet, Inkblot Arts, Maisha relie les arts créatifs et les digital media pour amplifier les voix de ceux et celles que l’on force souvent à se taire. Aimez-la sur Facebook ou suivez-la sur Twitter @mzjwords.

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